vendredi 31 mai 2013

Financement du sport professionnel : j'ai interpellé la ministre des sports

Mercredi 29 mai, à l'Assemblée nationale, lors de la séance des questions au Gouvernement, j'ai interpellé la ministre des sports, Valérie FOURNEYRON, sur les difficultés financières des clubs de foot français.

« Le déficit cumulé des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 atteint aujourd’hui la somme de 250 millions d’euros, même si la France fait plutôt figure de bon élève grâce au contrôle exercé par la direction nationale de contrôle de gestion.

« Les difficultés financières des grands clubs européens sont en effet encore plus importantes, puisqu’elles s’élèveraient à 1,7 milliard d’euros, contre « seulement » 700 millions d’euros en 2007. L’UEFA, présidée par Michel Platini, a donc décidé de mettre en œuvre une procédure de régulation des budgets des clubs que l’on appelle « fair-play financier ».

Inquiet de ce constat, je mène actuellement, avec quelques-uns de mes collègues, une mission d'information parlementaire relative à l’application de ce principe de fair-play financier au football professionnel français.

L’enjeu est important. Nous devons en effet atteindre deux objectifs contradictoires : la restauration de la santé financière de nos clubs, et le maintien de leur compétitivité au niveau international.

jeudi 30 mai 2013

Sport à la télé : interview sur France-Info

Vendredi 24 mai à 18 h 50, l'émission Infos Médias, sur France-Info, recevait Guénhaël HUET à propos de sa récente proposition de loi sur la diffusion des événements sportifs à la télévision.

Retrouvez l'émission : http://www.franceinfo.fr/medias/info-medias/le-sport-gratuit-de-la-tele-sanctuarise-1000209-2013-05-24

lundi 27 mai 2013

Les grands événements sportifs doivent rester accessibles gratuitement à la télévision

L'évolution du paysage audiovisuel français est caractérisée par la multiplication des chaines payantes.
Il en résulte, en matière sportive, que la diffusion de bon nombre d'événements échappe aujourd'hui aux chaines gratuites et prive ainsi un nombreux public de non-abonnés.
Ce phénomène va grandissant : en 1990, quarante-huit disciplines sportives étaient représentées sur les chaînes gratuites, contre quarante-deux en 1995, trente-deux en 2000 et vingt-et-une en 2010.
La proposition de loi déposée par Guénhaël HUET prévoit ainsi que les compétitions sportives à caractère national ou international se déroulant sur le sol français ou se déroulant à l'étranger mais avec la participation d'équipes ou d'athlètes français soient diffusées de manière à ce qu’elles soient accessibles au plus grand nombre.
Sont ainsi concernés, par exemple, l’Euro 2016 de football, qui ne serait pas diffusé dans son intégralité sur une chaîne gratuite alors même que cette compétition se déroulera sur notre territoire ou, à plus long terme, des compétitions comme Rolland-Garros, le tournoi des Six Nations ou le Tour de France.
Député-maire d'Avranches, Guénhaël HUET est secrétaire national de l'UMP en charge du sport professionnel et de haut niveau et co-rapporteur de la Mission d'information sur l'application du fair-play financier européen au modèle économique des clubs de football professionnel français.

N'abandonnons pas le français !

A l'initiative de mon collègue Daniel Fasquelle, j'ai récemment cosigné une tribune réaffirmant la prépondérance dans l'enseignement.

N'abandonnons pas le français !

L'article 2 du projet de loi sur « l'enseignement supérieur et la recherche » examiné cette  semaine à l'Assemblée nationale propose d'élargir les possibilités d'enseigner dans nos universités dans une autre langue que le français.

Cette disposition a soulevé une réaction forte de la part de tous ceux qui sont attachés au français et à la francophonie.

A juste titre.

En effet, il suffira, demain, d'invoquer le programme européen Erasmus ou n'importe quel accord international - les universités en regorgent -, pour multiplier les licences et, surtout, les masters en anglais. Car, les initiateurs de la réforme ne s'en cachent pas, il s'agira bien de multiplier les formations dans la langue de Shakespeare pour, écrit la ministre, « attirer les étudiants étrangers. »

Cet argument de l'attractivité, maintes fois répété, laisse rêveur. Pourtant, l'idée prospère. On nous explique qu'il faut désormais chanter, tourner des films, diriger nos entreprises - et maintenant enseigner - en anglais pour exister dans le monde.

Mais comment ne pas comprendre qu'à ce jeu-là nous avons beaucoup plus à perdre qu'à gagner ? Comment la France peut-elle accepter de s'engager à son tour sur cette pente dangereuse qui consiste à penser que l'on sera mieux reconnu parce que l'on aura renoncé à être soi-même.

Qui peut, d'ailleurs, affirmer aujourd'hui que nous avons raison de nous imposer à nous-mêmes une langue qui, demain, sera concurrencée par d'autres dans le monde ?

Pour minorer l'impact de la mesure, on nous explique que, de toute façon, cela se fait déjà dans les grandes écoles et dans un nombre croissant d'universités françaises. Il s'agirait donc, en quelque sorte, d'une simple régularisation. Mais c'est un peu vite oublier le caractère symbolique d'une telle mesure.

En France, bien évidemment, où il n'y aura plus aucune limite à l'expansion des enseignements en anglais. A l'étranger, surtout. Quel signal va-t-on envoyer, en effet, à tous ceux qui défendent le français et la francophonie dans leur pays et dans les instances internationales ? La politique est aussi faite de symboles.

L'enseignement en anglais dans les universités françaises ne manquera pas d'être perçu comme une forme d'abandon de l'exception culturelle et linguistique que notre pays revendique pourtant régulièrement avec force.

Au-delà de la question de l'influence de notre pays et de notre culture, le projet de loi pose la question purement et simplement de l'avenir du français. Comme l'a fait fort justement remarquer Michel Serres « une langue disparaît quand elle ne peut plus tout dire. »

Or, le danger existe que des pans entiers du savoir échappent demain à notre langue qui ne pourra plus exprimer et penser l'avenir. Il faut savoir, en effet, qu'inévitablement des équipes dans les universités vont peu à peu enseigner, travailler, publier, chercher exclusivement en anglais.

La question du niveau des enseignements mérite aussi d'être posée. Or, toutes les enquêtes et les analyses convergent : la qualité du travail est inévitablement affectée par l'usage d'une autre langue la langue natale.

Face à de tels risques, existe-t-il une autre issue que l'incroyable capitulation que représente le projet de loi Fioraso ?

La réponse est indiscutablement oui.

Cette voie, on pourrait parler aussi de « voix », c'est celle de la France.

Elle est attendue par les francophones mais aussi par tous ceux qui, comme ces universitaires de Milan qui protestent vigoureusement contre la décision de leur université de basculer tous les enseignements en anglais, sont attachés au multiculturalisme et au multilinguisme.

Elle consiste à vouloir concilier mondialisation et défense de la langue et de la culture. Oui, on peut apprendre les langues étrangères, accueillir des étudiants étrangers sans renoncer au français ! Ce combat n'est pas dépassé, n'en déplaise à tous ceux qui, pour être dans l'air du temps, sont toujours prompts à instruire des procès en ringardise.

Cela passe par une prise de conscience des vrais enjeux et une volonté politique forte.

Cette ambition nouvelle doit s'exprimer, dans le domaine de l'enseignement, par une politique d'accueil des étudiants étrangers complètement repensée et renouvelée. Or, en offrant des cours en anglais, nous ne ferons qu'attirer les étudiants qui auront été refusés par les universités anglophones : on préfère toujours l'original à la copie. Pendant ce temps, est-on certain de tout mettre en oeuvre pour accueillir les meilleurs étudiants des pays francophones ? N'y a-t-il pas d'autres moyens pour inciter les étudiants des pays non-francophones à venir dans notre pays ? S'est-on, d'ailleurs, vraiment posé la question de savoir si les freins à l'accueil des étudiants étrangers n'étaient pas ailleurs que dans la barrière de la langue ?

Pourquoi, plutôt que de céder à la facilité, ne pas mettre plutôt en place dans nos universités des programmes ambitieux d'apprentissage et d'approfondissement du français avant et pendant le cursus ? Ce qui peut paraître comme un inconvénient deviendrait alors un avantage : parfaire ses connaissances scientifiques mais aussi se perfectionner dans une autre langue pendant le séjour.

Cela suppose des moyens certes, mais cela implique surtout une volonté politique forte, française et européenne. A ce sujet, on peut s'étonner de ce que l'Europe consacre aussi peu de moyens à l'apprentissage d'une autre langue, créant de ce fait un espace propice au développement de l'enseignement de l'anglais au nom de la mobilité des étudiants qui s'en trouverait ainsi facilitée.

On le voit, le débat qui s'est engagé est essentiel car il en va non seulement de la qualité de nos enseignements mais aussi de l'avenir de notre langue et, finalement, de bien plus car, comme le disait Albert Camus, « oui j'ai une patrie, c'est la langue française. »

Il peut être salutaire s'il permet une urgente prise de conscience.

Le premier acte  fort passe par le renoncement à l'article 2 du projet de loi sur l'enseignement et la recherche.

mercredi 15 mai 2013

Aménagement du domicile des personnes handicapées : je propose un prêt à taux zéro

En France, aujourd’hui, plus de 2 millions de personnes souffrent d'un handicap moteur et souhaitent pouvoir continuer à vivre chez elles et évoluer librement, en toute sécurité et sans trop de difficultés.

Hélas, l’installation à domicile d’aménagements adaptés, comme il en existe dans les établissements spécialisés, représente une lourde charge financière.

Plusieurs dispositifs d'aides existent, sous forme de contributions financières, de prêts aidés ou de crédits d'impôts. Des aides significatives mais souvent insuffisantes ou mal adaptés. Ainsi, le prêt à taux zéro, financé par l’État et remboursable sans intérêt, ne s'applique-t-il qu'à la construction ou l’acquisition d’un logement neuf ou encore l’acquisition d’un logement ancien. Rien n'est donc prévu pour les personnes qui souhaitent plus simplement adapter leur logement existant.

Je propose donc, avec plusieurs de mes collègues, que soit offerte aux personnes handicapées moteur ou aux personnes domiciliant une personne handicapée moteur de bénéficier d’un prêt à taux zéro pour le financement de travaux d’aménagement de leur résidence principale.

mardi 14 mai 2013

Redécoupage cantonal : attention au charcutage !

Le Parlement vient d'adopter le projet de loi portant réforme des élections locales qui introduit un mode de scrutin binominal majoritaire dans des cantons dont le nombre sera divisé par deux, ce qui implique une refonte complète de la carte cantonale.
  
Si, avec Philippe Gosselin, Philippe Bas, Jean Bizet et Jean-François LE GRAND, nous avons rejeté la création de ces binômes, porteurs de divisions inutiles,  nous nous félicitons néanmoins que le scrutin majoritaire ait été maintenu, permettant ainsi de conserver l'ancrage territorial de l'élu départemental. Nous sommes également favorables à la poursuite de la féminisation de la vie politique locale en permettant à plus de femmes d'occuper des responsabilités au sein des instances départementales.
 
Toutefois, au moment où le Ministère de l'intérieur prépare le redimensionnement des cantons, nous voulons rappeler 5 principes pour un découpage impartial et neutre :

- Partir des cantons existants, lieux de vie et d'histoire auxquels nos concitoyens sont attachés : les regrouper et, dans un second temps seulement, si nécessaire, procéder à des ajustements en changeant le rattachement d’une ou plusieurs communes pour mieux équilibrer la population de chaque canton, afin de ne pas descendre (sauf exceptions) en dessous de 15 000 habitants par nouveau canton ni monter au-dessus de 22 000 habitants ;

- Eviter de regrouper plus de 3 cantons ruraux actuels afin de maintenir une représentation équilibrée entre territoires ruraux et urbains ;

- Prendre en considération les nouveaux périmètres d'intercommunalité afin de renforcer la lisibilité des instances locales pour nos concitoyens ;

- Ne rattacher les quartiers d’une même ville à des cantons différents que dans les villes de plus de 22 000 habitants, où il n’est pas possible de faire autrement ;

- Eviter qu’un canton chevauche deux circonscriptions législatives.
 
Rappelant que le Gouvernement a refusé à plusieurs reprises de mentionner dans la loi des règles précises pour le découpage cantonal, nous le mettons en garde contre toute tentative de "charcutage" électoral qui aurait pour seul objectif de construire artificiellement une majorité au détriment de la sincérité de la démocratie locale et du respect d’une représentation équitable de tous nos concitoyens, dans tous les territoires, en leur garantissant un accès de proximité aux élus départementaux en zone rurale comme en zone urbaine.

vendredi 3 mai 2013

Tremplin professionnel et engagement solidaire : il faut généraliser le service civique

Trois ans après la mise en place du service civique volontaire, l'évaluation du dispositif est l'occasion d'un véritable plébiscite.

Parmi les 42.000 jeunes qui se sont engagés, 9 sur 10 se disent satisfaits de leur mission tandis que l'immense majorité des organismes les ayant accueillis veulent rééditer l'expérience l’année suivante.

Les missions sont diverses, elles contribuent à ouvrir l’esprit et permettent de changer le regard que l'on porte sur les autres et répondent à l'objectif fixé : lutter contre la dilution du lien social, la perte des repères du « vivre ensemble » et la contestation de la notion d’autorité.

Au-delà, on constate que le service civique offre aux jeunes la possibilité de profiter de cette expérience comme d’un tremplin professionnel, tout en ayant un engagement solidaire envers autrui et la collectivité.

Développer des compétences, apprendre l'autonomie dans leurs fonctions, découvrir le milieu professionnel et le monde du travail : les jeunes engagés y voient une première expérience à faire valoir auprès des employeurs, dans leur CV et lors des entretiens d’embauche. Les résultats sont là : ils sont trois fois plus nombreux à avoir un emploi.

Lorsque le service civique a été institué, il a été organisé sur une base volontaire. Mais il avait été envisagé qu’il pouvait, à terme, être systématisé, en fonction d’une évaluation de son impact.

C’est pourquoi, au vu des éléments positifs de cette expérience menée depuis trois ans, il semble désormais opportun de rendre obligatoire le service civique. Tel est l'objet de la proposition de loi que j'ai déposée avec plusieurs de mes collègues.

Don d'organe : une mention sur le permis de conduire

Tandis que le nombre de malades inscrits sur les listes d’attente pour recevoir un organe a augmenté de 30 % entre 2005 et 2011, le nombre total de personnes greffées a quasiment stagné.
En France, en effet, 33 % des prélèvements possibles sont refusés. Et, si dans près de 4 cas sur 10, c’est parce que le défunt a déclaré son opposition au don d’organes durant sa vie, dans les 6 autres cas, l’opposition vient de la famille, par manque d’information sur la volonté du défunt.
Les personnes décédées à la suite d'un accident de la route constituant des donneurs potentiels dont les organes sont compatibles avec une greffe, l'indication, sur le permis de conduire, de la volonté de donner ou non ses organes augmenterait considérablement le nombre de dons tout en faisant gagner un temps précieux au personnel médical afin de procéder rapidement aux opérations nécessaires.