mercredi 18 septembre 2013

Rentrée politique dans Ouest-France

Voilà qui n'aura échappé à personne : la politique fait sa rentrée. En fanfare, mais sur un fond, en sourdine, de municipales. Pour Guénhaël Huet (UMP) premières notes de l'année.

La situation de l'emploi ?
Jugée plus que « préoccupante. Nous avons un taux de chômage national de 10,5 %. Tous les organismes de prévisions économiques le disent, la courbe ne va pas en s'infléchissant. » Il ne croit pas à un moindre recul car « la croissance économique ne sera que de 0,1 % à 0,2 %. Très insuffisant pour créer de l'emploi. »
La situation économique ?
Le député appuie où ça fait mal : « la France n'arrive pas à réduire son déficit public. Il s'élève à 1, 8 milliards d'euros soit 25 000 € par habitant. » Moralité ? « Un poids très lourd sur les épaules des entreprises et leurs activités. » Conséquence de la moralité, selon Guénhaël Huet ? « Le pouvoir d'achat a baissé depuis 2012. Du jamais vu en 30 ans. Le tout lié au fait que les prélèvements sociaux augmentent régulièrement. Nous sommes à 56 % de prélèvements obligatoires sur la richesse nationale. »
Le parlementaire parle de 32 milliards d'euros d'impôts supplémentaires entre juillet 2012 et juillet 2013. Le projet de la loi de finances ferait apparaître un accroissement de l'impôt de l'ordre de 12 milliards.
Les déclarations du gouvernement ?
L'élu n'y va pas par quatre chemins : « du pur affichage. On nous promet 15 milliards d'économie et, dans le même temps, on affiche des recrutements de contrats aidés et des créations de postes d'enseignants. Il va bien falloir les payer. »
La grosse crainte ?
Que ces économies soient réalisées sur « le dos des collectivités locales ». Une vraie crainte ? « Oui. Cela ne ferait que renforcer la crise car les collectivités représentent 70 % des investissements publics et créent des richesses par l'intermédiaire des marchés avec les entreprises de travaux publics et de bâtiments. Gratter sur le dos des collectivités, ce sera autant de marchés en moins. »
La solution ?
Elle paraît simple, sur le papier. « Il faut casser la courbe ascendante des prélèvements sociaux et, en parallèle, réaliser des économies budgétaires, y compris et surtout au sein de l'administration centrale. »
Une politique cohérente ?
On l'aura compris, pour le parlementaire, c'est non. « Le maître mot du gouvernement, c'est l'idéologie. Prenez le projet de loi sur la garantie des loyers. Il y a 4 % de mauvais payeurs. Pour eux on va mettre en place une généralité. La déresponsabilisation ne fera qu'accroître le nombre des mauvais payeurs puisque l'État paiera à leur place. »
Alliance avec le Front ?
Clair, net et précis : « pour moi, c'est non. Ni au 1er ni au second tour des élections, Aucune alliance d'aucune sorte. Nous n'avons pas les mêmes valeurs. Mais je ne veux pas diaboliser les électeurs du Front national. Tous ne sont pas d'affreux fascistes. »
Les élections, justement ? 
« Je n'ai pris aucune décision. Le temps, pour cela n'est pas venu. »
Cumul des mandats ?
Guénhaël Huet est contre le mandat unique. Pour autant, il est favorable à une législation renforcée sur ce point. « Un mandat unique, l'idée paraît sympathique, mais elle est pleine de démagogie. Il faudrait un seuil démographique mais le gouvernement est contre pour des raisons politiques. La limite ultime, c'est la liberté des électeurs. Et un parlementaire fort doit avoir des racines sur le terrain. »
Syrie ?
Laurent Fabius est qualifié de « bon ministre des Affaires étrangères ». La position de la France ? « Courageuse. Elle a joué son rôle aux côtés des États-Unis. Sans cette pression commune, nous n'en serions pas où nous sommes. Et c'est effectivement au président de la République et à lui seul de décider. Ceci vaut pour avant et après 2012. »
Ouest-France du 18 septembre 2013

vendredi 13 septembre 2013

Garantie universelle des loyers = déresponsabilisation des mauvais payeurs

Mardi 10 septembre, je suis intervenu à l'Assemblée nationale lors de la discussion du projet de loi sur le logement. Pointant la déresponsabilisation que ce dispositif très couteux pour les finances publiques entrainera, j'ai fait part à la ministre du logement, Cécile DUFLOT, de mon regret que le Gouvernement reste sourd aux appels des professionnels du bâtiment.

« Madame le ministre, je crois, je crains et j’espère tout à la fois que vous apprendrez à vos dépens que l’idéologie et les idées généreuses ne suffisent pas à faire un bon texte de loi. Il est certes nécessaire d’avoir de l’ambition, de dessiner un projet et de se donner les moyens de le mettre en œuvre, mais il est également nécessaire, dans un double souci d’équilibre intellectuel et d’efficacité pratique, d’avoir le sens des réalités pour faire une œuvre législative utile.
« La garantie universelle des loyers pourrait coûter plus d’un milliard d’euros par an à l’État. En ces temps de crise économique et de réduction des déficits publics, ce coût est exorbitant ! De surcroît, cette mesure induira inéluctablement une déresponsabilisation des mauvais payeurs et, probablement, en augmentera le nombre.

« Lors de la campagne présidentielle le candidat socialiste avait affirmé que 500 000 logements seraient construits chaque année, dont 150 000 logements sociaux.
Un peu moins de 100 000 logements sociaux seront construits en 2013. Nous sommes bien loin des objectifs annoncés !

« 
Une autre stratégie était possible. Pourquoi, madame le ministre, restez-vous sourde aux appels répétés des professionnels du bâtiment, qui réclament une baisse des prélèvements obligatoires pour leurs entreprises et une politique d’incitation fiscale pour les travaux de rénovation et d’économie d’énergie ? Depuis juillet 2012, vous faites exactement l’inverse en multipliant les taxes nouvelles et en augmentant les taxes existantes. »

mardi 3 septembre 2013

Syrie : je suis favorable à une intervention militaire

« Je suis favorable à une intervention militaire en Syrie.

« Il y a suffisamment de preuves de l'utilisation d'armes chimiques de la part des forces du gouvernement syrien.

« Par ailleurs, les Droits de l'homme ne peuvent se résumer à des principes juridiques. Ils doivent être respectés, au besoin par une intervention militaire.

« Les relations internationales sont un domaine où les bons sentiments n'ont aucune valeur et où il est primordial d'instituer un rapport de forces.

« Il faut une unité de la classe politique et du peuple français derrière le président de la République. D'ailleurs, c'est en cela que je ne souhaite pas un vote formel et préalable de l'Assemblée. Il serait contraire à la Constitution.

« Ce serait là la mise en place d'un processus qui permettrait de modifier notre Constitution au gré des événements. Le président de la République est le chef des Armées. Lui, et lui seul, a compétence pour décider d'une intervention militaire. »