jeudi 29 janvier 2015

Barrages et Mont-Saint-Michel : j'ai rappelé le gouvernement à ses engagements

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Quelques semaines après la visite de Ségolène Royal dans le sud Manche, j'ai rappelé la ministre a ses engagements relatifs aux barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit et aux contraintes urbanistiques du Mont-Saint-Michel et de la Baie.
« La ministre de l’écologie est venue au début du mois de décembre dans la baie du Mont-Saint-Michel, à l’invitation du député Gilles Lurton du côté breton et à la mienne du côté de la Manche, ai-je rappelé mardi matin, lors d'une séance de questions au gouvernement.
« Les nombreux élus présents ont tous évoqué le problème de la protection du Mont-Saint-Michel, qui donnerait lieu à deux opérations : l’extension du site classé et la création d’un périmètre de protection modifié très étendu, qui engloberait 113 communes des départements de la Manche et de l’Ille-et-Vilaine.
« Ces protections semblent très excessives à l’ensemble des élus, qui ont souhaité appeler l’attention de la ministre sur d’autres solutions possibles.
Au nom du gouvernement, le secrétaire d'Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche, Alain Vidalies, m'a répondu en rappelant le succès rencontré par la mobilisation des élus locaux : « Ségolène Royal vous a entendu et a souhaité vous donner la possibilité de faire émerger un projet partagé.
« Le ministre attend des propositions à la hauteur du projet ambitieux de protection des paysages et de valorisation que l’État a souhaité mettre en place afin d’assurer la préservation optimale de la baie du Mont-Saint-Michel. »
Des propositions à la formulation desquelles les élus locaux se sont attelés dès la fin du mois de décembre, confortés par la ministre de la culture. Fleur PELERIN m'a en effet récemment indiqué qu'elle entendait tenir compte des caractéristiques particulières du Mont-Saint-Michel et de la Baie dans le cadre d'un projet de loi relatif à l'architecture et au patrimoine qu'elle présentera très prochainement.
« Dans la même journée, la ministre s’est rendue au bord de la Sélune pour évoquer le devenir des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit, deux ouvrages particulièrement importants et auxquels l’ensemble des élus et de la population du Sud-Manche sont très attachés, a continué le député. La ministre a bien voulu prendre la décision, que je salue, de geler la procédure d’arasement des deux barrages et de diligenter une expertise technique supplémentaire. »

mardi 20 janvier 2015

L'état doit aider les maisons de santé

La semaine dernière, à l'Assemblée nationale, en séance publique, je me suis ouvert à la ministre de la santé, Marisol TOURAINE, des difficultés que rencontrent les collectivités locales dans l'accompagnement des professionnels pour la mise en place de maisons de santé.
« Si nous n’avons jamais eu autant de médecins en France, ce qui nous amène dans la moyenne européenne, il existe pourtant d'importantes disparités territoriales.
« De plus, les modes d’exercice de la médecine ont profondément évolué.
« Beaucoup d’étudiants en médecine, au terme de leurs études, ne souhaitent pas s’installer dans le secteur libéral, ou s’ils le font, ils souhaitent le faire dans le cadre de maisons de santé pluridisciplinaires, avec un secrétariat commun et une logistique commune.
« L'État l'a bien compris. En juin 2013, la ministre de l’égalité des territoires et du logement a décidé de renforcer le plan Maisons de santé en le dotant de 5 millions d’euros supplémentaires.
« Tout cela va dans le bon sens, mais il convient d'être particulièrement vigilant, tant sur les difficultés financières que rencontrent les collectivités locales pour créer ces maisons pluridisciplinaires de santé, que sur la lourdeur de la procédure.
« Dans le département de la Manche, notamment dans la baie du Mont-Saint-Michel, il y a trois projets de maisons de santé, pris en charge par la communauté de communes d’Avranches Mont-Saint-Michel, qui exerce cette compétence : l’une à Ducey, l’autre à Sartilly et la troisième à Pontorson.
« Pour ces projets, nous rencontrons des difficultés en termes financiers et de procédure. Je voudrais donc que vous rappeliez la position de l’État et les conditions de son intervention en ce domaine, difficile mais bien nécessaire. »
Bien consciente de l'intérêt de cette démarche, la ministre s'est engagée à m'apporter des réponses précises sur ces trois dossiers, particulièrement sur les maisons de santé de Ducey et Sartilly.

Une aide financière pour les hôpitaux psychiatriques bas-normands

La ministre de la santé, Marisol Touraine, vient de m'indiquer qu'elle accepte de corriger le gel de la dotation annuelle de fonctionnement des établissements psychiatriques bas-normands, en leur accordant une enveloppe supplémentaire de 585.000 € pour l'exercice en cours.

Le Centre hospitalier l'Estran, à Pontorson, qui prend en charge plus de 7.000 patients chaque année, était directement menacé par cette diminution de ressources envisagée par le ministère.

Une situation mal comprise, tant par les équipes de gestion et de santé que par les patients et leurs familles. L'Estran a en effet opéré de nombreuses restructurations ces dernières années, visant à la fois une gestion plus saine des deniers publics et l'amélioration de la prise en charge des patients sur un périmètre géographique toujours plus élargi, qui couvre aujourd'hui tant la Basse-Normandie que la Bretagne puisqu'il est établi à la frontière de ces deux régions.

La restriction de l'offre de soin sur cette zone serait aujourd'hui catastrophique. La Basse-Normandie est en effet sous-dotée en structures libérales, le département de la Manche étant pour sa part caractérisé par une quasi exclusivité de l'installation publique.

lundi 19 janvier 2015

Avec quelques dizaines de parlementaires, j'ai signé, dans Le Monde, un appel à la mise en place des conditions nécessaires à l'éradication du terrorisme islamiste.

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« Nous, responsables politiques, avons aujourd’hui un seul devoir : être à la hauteur des espérances manifestées ce dimanche par le peuple de France qui a crié dans nos rues « Liberté, fraternité et plus jamais ça !». Il doit y avoir un avant et un après 11 janvier 2015.

Rien ne serait pire que de se contenter de symboles et de mots. Il faut agir maintenant. Agir vite et fort pour éradiquer le terrorisme islamiste. Le diagnostic est connu mais, jusqu’à présent, c’est le déni de réalité qui l’avait emporté. Après les tueries de Montauban et Toulouse, le « rien ne sera jamais plus comme avant ! » était déjà proclamé… Ne le nions pas : cette barbarie moderne est l’enfant des dérives sectaires du fondamentalisme islamiste et de la démission de la République depuis quarante ans.

Affaiblissement de la laïcité, recul de l’autorité de l’Etat, abandon des quartiers, faillite de l’intégration, immigration non maîtrisée, atteintes à l’égalité homme-femme, professeurs livrés à eux-mêmes et parents déresponsabilisés… C’est ainsi que, dans certaines écoles, des élèves ont refusé de prendre part aux hommages aux victimes ou, pire, se sont livrés à l’apologie des crimes terroristes.

Réaffirmer la laïcité

Le laxisme généralisé est l’une des causes directes de l’explosion du djihadisme en France. Ce diagnostic, certains responsables de notre famille politique ont déjà eu le courage de le poser malgré les anathèmes du « politiquement correct ». Nous, parlementaires de l’UMP, nous nous sommes ainsi battus, y compris au sein de notre propre famille politique, pour imposer la loi d’interdiction du port de la burqa dans l’espace public. Le débat de l’UMP sur la laïcité en 2011 avait apporté des réponses à nombre des questions qui se posent aujourd’hui. Quel torrent de critiques caricaturales n’avions-nous pas déclenché à l’époque ? Ces polémiques paraissent pourtant bien futiles à l’égard de l’ampleur du drame que nous affrontons. Notre tort est peut-être d’avoir eu raison trop tôt.

Qu’importe, il faut avancer. Prenons nos responsabilités et passons à l’action. Cette guerre contre le terrorisme se gagnera sur le long terme en changeant notre politique sur deux fronts : intérieur et international. A ce stade, nous devons ainsi honorer au moins trois rendez-vous prioritaires.

Premier rendez-vous : l’affirmation de la laïcité. Nous défendons l’idée d’un Code de la laïcité qui établisse précisément les règles en matière de pratique des religions. Le premier ministre doit donner des instructions fermes pour mettre fin aux dérives constatées dans l’Education nationale. Les questions des ingérences étrangères dans la construction des lieux de culte, de la pratique religieuse au travail, de l’enseignement de l’Histoire à l’école doivent par exemple être définitivement réglées. L’école doit être la priorité absolue de la reconquête de l’esprit républicain. C’est l’avenir même des jeunes de France qui est en jeu. Et, ne le nions pas, l’islam de France, comme l’ensemble de nos compatriotes de confession musulmane, doit s’approprier la loi de 1905. Chacun doit prendre toute sa part au respect collectif et individuel de la laïcité.

Être intraitable avec les barbares

Deuxième rendez-vous : la guerre contre le terrorisme sur notre sol. Nous sommes favorables à une loi précise, concrète, applicable au plus vite, qui préserve nos libertés, tout en permettant d’être intraitable avec les barbares. Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! Notre renseignement intérieur manque de moyens financiers et juridiques. Cela ne peut durer.

Il faut aussi construire les 20 000 places de prison qui manquent à notre pays. Cela permettrait à la fois d’éviter la radicalisation en milieu carcéral et d’en finir avec les remises de peine automatiques ou les libérations conditionnelles qui décrédibilisent l’autorité de l’Etat. Que faire contre les prédicateurs intégristes qui, en relais de certains sites Internet, transforment des jeunes parmi les plus fragiles en criminels ? Symboliquement, la déchéance de la nationalité, qui existe déjà dans notre droit, doit être appliquée : un terroriste qui possède plusieurs nationalités n’a pas vocation à rester français.

Enfin, la question juridique de l’interdiction de séjour en France de toute personne identifiée au terrorisme international doit être tranchée.

Repenser notre politique internationale

Troisième et dernier rendez-vous : l’international. La coopération européenne et mondiale a montré des failles dans lesquelles le djihadisme ou le cyberterrorisme se sont engouffrés. Plus que jamais la question de la sécurisation de l’espace Schengen doit être mise sur la table. Et que dire de notre politique internationale, notamment dans le monde arabo-musulman ? Il apparaît aujourd’hui que nous avons armé en Syrie des djihadistes qui ont ou vont retourner leurs armes contre nous ! Il faut poser la question de nouvelles alliances pour vaincre le terrorisme, sans oublier l’exigence d’un engagement beaucoup plus fort des Etats européens.

Nous sommes à un tournant de notre histoire. Ou bien nous réagissons avec force, ou bien nous subirons, pour des années encore, la violence obscurantiste de ces fanatiques. Notre pays a eu trop souvent la passion de la division. Il nous appartient, par la vigueur de notre action, d’éviter pour l’avenir une fracture de notre communauté nationale. C’est maintenant que tout commence… »

mercredi 14 janvier 2015

L'Assemblée nationale unie face au terrorisme

Notre Nation, éprouvée et bouleversée par les attentats terroristes commis la semaine dernière à Paris a manifesté son unité en participant à de très nombreux rassemblements dans tout le pays.

Cette unité s’est également manifestée à l’Assemblée Nationale où pour la première fois depuis 1918, tous les députés ont chanté la Marseillaise dans l’hémicycle, lieu symbolique de la démocratie.

Nous avons ce devoir d’unité à l’égard des victimes de la barbarie et de leurs familles. 

Nous avons aussi ce devoir d’unité à l’égard des forces de l’ordre dont il faut saluer le courage et le dévouement.

Cette unité est légitime et nécessaire.

Elle doit maintenant se prolonger avec un objectif prioritaire : défendre les valeurs de la République et assurer la sécurité des Français.

Nous partageons cet objectif et nous y travaillerons activement, sans nier nos différences, mais avec la ferme volonté de servir l’intérêt supérieur de la République.

mercredi 7 janvier 2015

Attentat contre Charlie-Hebdo : "Que la France se réveille enfin !"

L'attentat terroriste et meurtrier commis au siège du journal Charlie-Hebdo suscite l'effroi et l'indignation générale.
La nécessité de l'unité nationale est, à juste titre, unanimement réclamée.
Mais l'unité nationale ne peut se limiter à l'indignation et à la compassion.
Il faut que la France se réveille enfin et considère que le monde a changé et que notre pays, comme beaucoup dautres, est confronté en permanence à l'islamisme radical et au terrorisme.
Les principes humanistes, qui sont une force dans notre démocratie, sont une faiblesse dans l'esprit de nos ennemis.
La réaction de la Nation française doit être à la hauteur du défi.
Seule la fermeté et l'inflexibilité nationale et internationale sont de mise face au terrorisme.
Face à cette menace, les grands principes et les bons sentiments pèsent autant qu'un fétu de paille.

lundi 5 janvier 2015

Ne nous traitez plus comme des bouseux ! L'appel des députés de la ruralité...

Ni indifférence ni misérabilisme: au même titre que les urbains et les rurbains, la campagne des ruraux a simplement besoin qu'on l'écoute et qu'on s'occupe d'elle. Avec plusieurs dizaines de députés, je défends, aujourd'hui, dans le Figaro, nos territoires ruraux trop souvent oubliés par les élites parisiennes.

En 2015, ne nous traitez plus comme des bouseux !


Les paysans n'ont pas eu leur Zola.» En quelques mots confiés jadis à Alain Peyrefitte, le général de Gaulle résumait ainsi la grande douleur muette de la paysannerie française. Plus d'un demi-siècle après cette phrase, le constat demeure. Aujourd'hui, les élites et les corps intermédiaires du pays se soucient comme d'une guigne de la ruralité.
 
La paysannerie, c'est pourtant notre culture à tous. Nous avons tous des paysans pour ancêtres. Plus près de nous, lors du recensement de 1906, près de 1 Français sur 2 vivait de la terre.

Dans la France de 2014, un exploitant agricole se suicide tous les deux jours, et le taux de suicide des paysans de 45 à 64 ans est supérieur de 40 % à la moyenne: qui s'en soucie, qui en parle? Dans la France de 2014, 80 % du territoire se vide à grande vitesse de sa population. D'un côté l'on s'entasse dans les grandes villes et sur les côtes. Mais de l'autre les écoles ferment, puis les petits commerces, puis les services publics, et enfin le bourg lui-même: qui s'en soucie, qui en parle? Dans la France de 2014, plus de 5 millions de Français vivent en «zone isolée», expression statistique pudique pour dire qu'ils n'ont accès à rien des services publics que pourtant leurs impôts payent: qui s'en soucie, qui en parle ?

Face à cette fracture territoriale profonde qui met à l'écart près de 1 Français sur 7, il ne faut pas se laisser prendre au piège du faux amour de la ruralité qui se développe ces dernières années. Pour l'exprimer abruptement, il y a la campagne des urbains et il y a la campagne des ruraux.

La campagne des urbains, ce sont des territoires ruraux en train de s'urbaniser parce que des urbains s'y installent pour tenter d'avoir «la ville à la campagne». Cette campagne-là bénéficie d'une dynamique d'investissements: résidentialisation, meilleurs transports, meilleurs services publics, meilleure connectivité. Quand on met sur la table l'abandon de la ruralité française par le pouvoir politique, c'est toujours celle-là qui est mise en avant pour essayer de prouver qu'en fait tout va bien.

La campagne des ruraux, c'est celle qui n'est pas assez proche des grandes villes pour que les aspirants «rurbains» s'y installent. Cette campagne-là est laissée à l'abandon, pour tout dire en jachère: paupérisation, transports raréfiés, services publics amoindris, connectivité réduite ou inexistante.

Ni indifférence ni misérabilisme: au même titre que les urbains et les rurbains, la campagne des ruraux a simplement besoin qu'on l'écoute et qu'on s'occupe d'elle. Elle veut des transports en densité suffisante et qui fonctionnent. Elle veut la proximité raisonnable d'un médecin et des services de santé. Elle veut le maintien de services publics auxquels ces plus de 5 millions de Français ont droit comme tout un chacun. Elle veut l'accès à Internet.

Elle veut surtout, et qu'on pardonne cette brutale franchise, que l'on cesse de traiter la campagne des ruraux comme des «bouseux» irrécupérables dans la marche du progrès économique et social. C'est nous, et personne d'autre, qui perpétuons la tradition paysanne plusieurs fois millénaire de la France. Nous avons donc droit non seulement à l'équité de traitement par les politiques publiques, mais aussi et surtout, nous avons droit au respect.