mercredi 22 juillet 2015

« Les agriculteurs veulent vivre de leur travail »

Je suis intervenu ce mercredi lors de la séance des questions au gouvernement au sujet de la crise agricole.

« Ma question s’adresse à Monsieur le Ministre de l’Agriculture et j’y associe mon collègue Philippe Gosselin, député de la Manche.

« Depuis lundi, les éleveurs de la Manche bloquent l’accès au Mont-Saint-Michel et à l’autoroute A 84 entre Caen et Rennes.

« Depuis lundi, ce mouvement s’étend à l’ensemble de la Normandie et de la Bretagne.

« Cela faisait longtemps que les agriculteurs avaient mené des actions d’une telle envergure et d’une telle détermination.

« Cela faisait longtemps, aussi, Monsieur le Ministre, que les agriculteurs vous avaient sollicité et qu’ils vous avaient alerté sans que vous répondiez à leurs attentes sinon par des opérations de communication et des effets de manche.

« Vous y avez ajouté depuis lundi du dédain et du mépris en vous faisant prier pour enfin rencontrer les agriculteurs près de deux jours après le début de leurs actions.
Aujourd’hui, Monsieur le Ministre, vous êtes au pied du mur.

« Monsieur le Premier ministre n’a malheureusement répondu tout à l’heure à aucune des interpellations précises de Christian Jacob, préférant se réfugier dans l’invective et dans la politique politicienne.

« Vous n’avez pas non plus ce matin répondu au désespoir des agriculteurs.

« Vous ne pouvez pas vous limiter à des réponses conjoncturelles alors que la crise est structurelle.

« Vous ne pouvez pas vous limiter à des aides de trésorerie et à des reports de charges et d’impôts alors que le sujet porte sur la fixation des prix et la répartition des marges.

« Vous ne pouvez pas continuer à mépriser les agriculteurs qui ne demandent pas l’aumône mais la possibilité de vivre normalement de leur travail.

« Au-delà des opérations de communication et des effets de manche, vous devez donner à la représentation nationale et aux éleveurs des réponses de fond sur les filières lait, viandes bovine et porcine et vous devez également vous engager sur les échéances de leur mise en œuvre. »


vendredi 17 juillet 2015

Polynormande : défaire ce qui a été fait

Le déplacement de la Polynormande, qui déserte cette année le centre ville, est regrettable.

Cette décision, prise à la va-vite, est mal perçue par les organisateurs, mal perçue par les commerçants de la place Littré et mal perçue par le public.

Mal perçue parce que chacun comprend facilement que les justification apportées ne sont pas sérieuses. Il n'est en effet nul besoin de déserter totalement le centre ville pour faire passer les coureurs au travers du quartier Turfaudière, ce qui, du reste, n'est pas une mauvaise idée. Il suffisait simplement, après un traditionnel départ place Littré, de diriger les coureurs vers la rue Jean-Mermoz.

Mais chacun a bien compris, qu'en réalité, la seule volonté de la municipalité, dans ce dossier comme dans bien d'autres, est simplement de défaire ce qui a été fait ou de faire différemment ce qu'on ne peut pas défaire.

L'exercice atteint ici ses limites et les explications un peu gênées des uns et des autres montrent bien que même les acteurs de cette mascarade en ont bien conscience.

Barrages : "Le bal des faux-culs"

Certains dossiers, comme certaines circonstances dans la vie, sont révélateurs des comportements et des manquements des uns et des autres.

Le dossier des barrages de la Sélune a suffisamment été discuté depuis presque 6 années pour que chacun ait eu le temps d'y réfléchir et de se forger une opinion.

Pourtant, force est de constater que depuis quelques mois et quelques semaines, d'étranges retournements se sont faits jour et qui ne sont pas à l'honneur de ceux qui en sont les auteurs.

Ainsi, de reniements en reniements, de compromis en compromissions, il nous est donné d'assister au lamentable spectacle des volte-face et des trahisons.

Que penser de l'attitude d'un maire qui cosigne avec 9 de ses conseillers municipaux un courrier favorable au référendum et qui, quelques jours après, a l'insigne lâcheté de demander un vote à bulletin secret ?

Que penser de l'attitude de ce même maire qui n'a de cesse ni de répit que de vanter la démocratie participative mais qui, dans le même temps, refuse aux citoyens le droit de s'exprimer ?

Que penser de l'attitude de cet autre maire qui indique ne pas vouloir prendre de position sur le référendum avant d'avoir consulté son conseil municipal et qui, au final, vote à l'inverse du mandat qui lui avait été donné par le même conseil ?

Que penser de l'attitude d' élus longtemps opposés à la suppression des barrages et qui, incapables de résister aux pressions, ont fini par rejoindre les rangs des technocrates irresponsables et des écologistes extrémistes ?

Que penser de l'attitude du grand défenseur des OGM qui tente de se refaire une virginité écologique sur le dos des barrages et des emplois qu'ils génèrent ?

Ces comportements interrogent et mettent gravement en cause la crédibilité de la parole publique.

Il n'est ni impossible, ni interdit d'avoir une ligne de conduite claire, de s'y tenir, de s'en expliquer et d'en assumer les conséquences.

Tout le monde -et surtout les citoyens- gagnerait à ce supplément d'honnêteté intellectuelle, de clarté et de détermination dans l'action publique.

vendredi 3 juillet 2015

Projet de loi sur le droit des étrangers : une facilité supplémentaire faite à l’immigration

Je suis intervenu mardi 30 juin à l'Assemblée Nationale au cours de la discussion du projet de loi sur le droit des étrangers en France.

J'y ai dit mon opposition à un texte qui aura pour seul résultat de faciliter encore plus l'immigration en France.

Entre 2012 et 2013, l’immigration légale a déjà augmenté dans notre pays de près de 6%, le regroupement familial de près de 15% et l’immigration illégale, d’après le nombre d’allocataires de l’aide médicale d’État, a augmenté, elle, de 35%.

Ces chiffres, très objectifs, sont le résultat de textes pris par l'actuel gouvernement, comme la circulaire qui assouplit la régularisation des sans-papiers ou la suppression de la franchise pour bénéficier de l’aide médicale d’État.

Ce nouveau texte, s'il contient un certain nombre de dispositions qui peuvent apparaître intéressantes, comme le parcours de formation ou le titre de séjour pluriannuel, n'a aucun caractère d'urgence. Il aurait été plus positif de réfléchir aux capacités d’accueil de notre pays en fonction de ses besoins économiques réels, à l’exception du droit d'asile qu'il convient bien évidemment de préserver.

Au final, je crains que ce projet de loi soit reçu comme une facilité supplémentaire faite à l’immigration sans qu’il y ait eu au préalable une véritable estimation et un véritable débat sur l’évolution globale du droit des étrangers dans notre pays.